Écrire correctement et sans douleur

Tenue de scripteur étape 01

Une exécution calligraphique fonctionnelle commence par un positionnement correct.

Il n’est pas rare de voir les enfants, droitiers ou gauchers, ayant des troubles graphiques ou non, adopter un mauvais positionnement du tronc et des membres supérieurs quand ils écrivent. Ces défauts sont souvent associés à une mauvaise tenue de l’outil scripteur (stylo, crayon…) et un mauvais positionnement de la feuille.

Ces mauvaises habitudes sont souvent à l’origine de l’apparition de TMS (troubles musculo-squelettiques) et de mauvaise exécution graphique.

Les règles générales d’installation pour écrire sont les mêmes pour tout le monde :

1) Faire appliquer la règle des 90° : faire installer l’enfant de manière à ce que ses coudes, ses hanches, ses genoux et ses chevilles soient fléchis à 90°.

2) Veiller à ce qu’il garde son dos droit (approcher la chaise de la table si nécessaire).

3) Éclairer correctement la page d’écriture. Si le travail nécessite la lecture d’un autre document, ce dernier doit également être éclairé de manière adéquate.

Ensuite, il faut faire attention à la position de la feuille sur la table, elle est différente pour les droitiers et les gauchers.

Les droitiers positionneront leur feuille légèrement sur leur droite et l’inclineront de gauche à droite de sorte que le grand axe de la feuille soit parallèle à leur avant-bras droit (voir schéma 1 : Positionnement de la feuille pour droitier).

Positionnement de la feuille pour écrire : droitier

Positionnement de la feuille pour droitier

Les gauchers positionneront leur feuille légèrement sur leur gauche et l’inclineront de droite à gauche de sorte que le grand axe de la feuille soit parallèle à leur avant-bras gauche (voir schéma 2 : Positionnement de la feuille pour écrire : gaucher).

Positionnement de la feuille pour gaucher

Positionnement de la feuille pour gaucher

L’outil scripteur (stylo bille, stylo encre, stylo-plume, crayon, feutre…) doit être tenu de la même manière par les droitiers et les gauchers, seule la main de préhension change.

Pour une prise correcte, l’outil scripteur doit être tenu entre la pulpe du pouce et de l’index. L’extrémité proche de la pointe doit reposer sur le côté du majeur et l’autre extrémité sur la commissure entre le pouce et l’index (voir les illustrations ci-dessous).

Tenue de scripteur étape 01

Tenue de scripteur  étape 02

Tenue de scripteur  étape 03

Bonne tenue du scripteur : exemple pour gaucher et pour droitier

Afin de pallier les difficultés de mauvaise tenue du scripteur, il est recommandé d’utiliser un stylo à prise ergonomique ou d’ajouter un support ergonomique sur le scripteur déjà utilisé. Il est également recommandé pour les gauchers d’utiliser un stylo pour gauchers.
Les stylos ergonomiques pour droitiers ou gauchers et les stylos classiques pour gauchers se trouvent facilement dans le commerce.

Les trois premières illustrations sont empruntées à : http://ekladata.com/ZQO84xNjDf40rP5hmvg0Uok7rGc/comment-tenir-le-crayon-estelledocs-2A5.pdf

La dernière illustration est empruntée à : http://www.isabelle-godefroy.fr/wp-content/uploads/2014/05/tenue-identique-droitier-gaucher.jpg

La dyspraxie , un trouble spécifique des apprentissages

Définition de la dyspraxie

La dyspraxie est une altération de la capacité à exécuter de manière automatique des mouvements déterminés, en l’absence de toute paralysie ou parésie (perte partielle des capacités motrices) des muscles impliqués dans le mouvement. La personne doit contrôler volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en attention, et rend la coordination des mouvements complexes de la vie courante extrêmement difficile, donc rarement obtenue.

La dyspraxie est considérée comme développementale, c’est-à-dire sans étiologie identifiée.

Il est de plus en plus fréquent d’entendre parler de T.A.C, cet acronyme signifie Troubles de l’Acquisition de la Coordination. C’est l’évolution de la sémantique médicale qui a fait apparaître cette appellation qui tend à remplacer le terme dyspraxie.

 Les différents types de dyspraxie

Dyspraxie visuo-spaciale
C’est un trouble de la structuration spatiale à deux dimensions associé à des troubles oculomoteurs (mouvements de l’œil) et à une trouble d’automatisation du geste.

Dyspraxie de l’habillage
Entraine des difficultés à enfiler correctement ses vêtements (à l’envers) et à manier les lacets, les boutons et toutes fermetures demandant de la précision et de la coordination.

Dyspraxie constructive
Entraine des difficultés à orienter et manipuler les objets dans les deux dimensions et dans les trois dimensions.

Dyspraxie idéomotrice
Difficultés, en l’absence de manipulation d’objet, à réaliser des gestes symbolique simples (frapper un clou avec un marteau).

Dyspraxie idéatoire
Entraine des difficultés à manipuler les outils et les objets (marteau, règle, compas, balle, raquette). Les difficultés sont d’autant plus présentes si la manipulation implique une séquence d’action (préparer le café).

Conséquences de la dyspraxie

Il est habituel de dire que pour comprendre les difficultés motrices des personnes dyspraxiques il faut essayer de réaliser les activités quotidiennes courantes (se laver, s’habiller, écrire, manger…) après avoir enfilé une paire de moufles ou de gants de boxes sur les mains.

En ce qui concerne les activités scolaires de l’enfant, les difficultés peuvent être les suivantes :

  • Mauvaise organisation du cartable et des cahiers
  • Difficultés d’écriture (écriture difficilement lisible)
  • Difficultés de calcul (dyscalculie)
  • Difficulté de maniement des outils scolaire (règle, compas, rapporteur…)
  • Difficultés de maniement et de compréhension des schémas, graphiques, cartes…
  • Difficultés à faire deux choses en même temps (recopier et comprendre …)
  • Difficultés dans les activités manuelles et sports collectifs

L’infographie ci-dessous résume les difficultés d’un enfant dyspraxique.

Infographie dyspraxie

Ergothérapie et dyspraxie

Différents professionnels peuvent intervenir pour aider à compenser ces difficultés (orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien, orthoptiste, podologue-posturologue).
Après avoir fait un bilan des difficultés et des compétences sur lesquelles s’appuyer pour compenser les difficultés l’ergothérapeute débutera un suivi.

Ce suivi pourra comprendre :

  • l’essai et la préconisation de matériel pédagogique adapté (pour la scolarité)
  • l’essai et la préconisation d’aides techniques (pour les activités de la vie quotidienne)
  • une séance d’ergothérapie hebdomadaire pour apprendre à maîtriser le matériel pédagogique, les aides techniques et s’entrainer au geste de la vie quotidienne